Récit de voyage (6e épisode)   16 comments


Nous nous rendons sur la plage de la mer Caspienne et nous admirons, en touristes, en ce moment  cette belle mer avec laquelle nous ferons plus amples connaissance ce soir et qui nous fera danser une sarabande de tous les diables.-  Elle était alors tranquille et assez comparable à la mer d’Ostende.- 

Nous avons toutefois, Adolphine et moi, une peur bleue de prendre la mer, mais comme il ne fallait pas songer à reculer, nous nous sommes embarqués presque joyeusement en destination de Bakou. (Lors de notre retour, ce trajet pourra être effectué en chemin de fer, on construit la voie ferrée de Peterosk à Bakou).- D’abord, premier mécompte : lorsque j’arrive au bureau de la compagnie de navigation, on m’annonce qu’il n’y a qu’une place en première classe sur le steamer du grand duc Alexis, et heureusement encore c’est une cabine de dame.

Je la retiens pour Adolphine et vais au guichet des secondes. – Plus une seule place ! Que faire ? Ce n’est que dans trois jours qu’à lieu le départ suivant !  Bah ! à la guerre comme à la guerre, je prends deux troisièmes pour mon olibrie d’ouvrier et pour moi.

En arrivant au bateau, après avoir installé Adolphine, je vais jeter un coup d’œil sur mon logement.- Pouah ! Quelle horreur !

Au milieu des vagabonds, vautrés par terre comme à la gare de Karkhoff, où il pue la charogne, il me faudrait dormir !  Jamais de la France, comme dit notre ami Jacques, je préfère retourner à terre et perdre le prix de nos coupons.  Le comte de Balmaine qui a été plus heureux que moi et qui a des premières me conduit auprès du capitaine et grâce à son obligeante intervention, le capitaine m’accorde la permission de prendre mes repas en première classe et de coucher sur les fauteuils des salons de première en payant évidemment ma table.-  Je remercie vivement le comte et le capitaine et peu après le navire quitte le quai.

Voyage en Perse Mod._-12

Il est 4 heures du soir, sur le pont, nous contemplons la ville qui s’éloigne (en voilà une habitude de toujours dire que ce sont des constructions, qui ne bougent pas, qui s’éloignent).-

A peine en route, la mer qui a été calme pendant toute la journée, commence à rouler des vagues énormes.  Je prévois un cataclysme pour nos estomacs.  Plusieurs personnes se trouvent mal et, subitement, Adolphine disparaît dans la cabine, d’où elle ne sortira plus que pour mettre le pied à terre à Bakou.  Elle a été légèrement indisposée pendant toute la traversée, mais nullement malade, elle ne s’est pas levée pendant tout le temps qu’elle a été à bord ; elle a eu également la prévoyance de ne rien manger ce qui explique n’elle n’a rien pu rendre.  Moi, je riais de voir les têtes des malades ; j’étais quelque peu fanfaron.  Dans mon premier voyage en mer, je ne ressentais rien du tout et pourtant à cette heure, elle était affreuse, le bateau valsait que c’était un vrai beurre !  Pour vous donner une idée du nombre de malades, je vous dirai qu’il y avait 32 passagers en première classe, plus le capitaine, le second, mon verrier et moi, soit 36 personnes et nous étions 9 à  table !  Le restant dormait tranquillement dans les cabines.

Pendant la nuit, la matinée du dimanche, l’état de la mer n’a fait qu’empirer, le bal continue et je commence à ressentir un léger malaise.-  Je n’étais déjà plus si fier que la veille avant de me mettre à table pour dîner.

Le dimanche à 7 heures du soir, donc une heure avant le terme de notre voyage, mon malaise s’accentua ; on me conseillait de bien manger, ce que je fis … au milieu du repas je fus obligé de me sauver.  Tonnerre de Dieu !  Les écluses étaient ouvertes et les poissons ont été soignés par moi ; ils ont eu leur compte.  Cela n’a, heureusement, pas duré longtemps.  A 8 heures du soir, nous débarquions à Bakou.  

Prenant congé du comte de Balmaine et de sa famille, nous voilà en route pour l’hôtel de l’Europe.  Après le souper, nous nous couchons de suite, mais il nous est impossible de dormir, il nous semble toujours éprouver le balancement du bateau.

Le lendemain, après information, nous apprenons que le premier bateau en partance pour Enzeli quitte Bakou dans la nuit du mardi.  Donc, nous avons deux jours de repos.  Cela nous plait assez, surtout qu’il faut à nouveau prendre la mer.  Le comte de Balmaine, qui est venu nous prendre, nous  invite à visiter la ville.  Evidemment, nous acceptons l’offre.  Bakou est une ville persanne, toute asiatique à part la population russe qui se compose de fonctionnaires du gouvernement.  Bakou faisait, autrefois, partie du territoire persan.  Ici, les femmes voilées sont beaucoup plus nombreuses qu’à Peterosk.

Publié 2 juin 2009 par josydhoest dans Emotions

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16 réponses à “Récit de voyage (6e épisode)

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  1. je suis descendue a quaion repart quand????bisous tout doux

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  2. Pas du tout ennuyeuse cette traversée, même pertubée par le mal de mer. Sacré voyage.Merci et bisous Josy

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  3. Crénon, quel voyage ! surtout pour l\’époque. Merci à Régine pour la carte…

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  4. Régine ! J\’ai cliqué sur la carte !! C\’est extra ! Je retrouve la plupart des villes même si l\’orthographe a un peu changé ! Et Bakou est tout en bas ! Si tu savais comme je suis émue !

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  5. Régine ! c\’est super ! Mais je ne vois que des tracés d\’avion !!! Où est la voie ferrée ? et les sentiers qu\’ils vont bientôt empruntés dans les montagnes ? (lol)Grand Merci Régine ! Je reviendrai sur ce lien très souvent !

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  6. Merci, Régine! C\’est sympa…enfin je vois où nous arrivons! Fameux voyage…pour l\’oncle et son épouse!Tu les fais revivre, Josy et c\’est touchant!

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  7. je continue ce voyage dans cette Russie avant la révolution. Très instructif, j\’aime cette balade.

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  8. ♥.҈.҈.♥. Zéphyrine
  9. Régine, je suis comme toi ! nulle en géo!! Je me débats dans les méandre de … Allez oui, je sens que tu en meurs d\’envie montre-nous la carte ! Avec des tits points de repère ! Je te nomme notre capitaine de croisière !

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  10. Ce qui serait bien ce serait de nous mettre quelque part une carte avec les étapes du voyage..je suis nulle en géographie (ausi, ajoute à chaque fois mon aimable mari!)..et en ce moment je suis obligée d\’aller voir sur le net ou se trouve Bakou…Oh lala en Azerbaïdjan..et après tu me dis de te montrer l\’Azerbaïdjan sur la carte, je te réponds ???????

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    ♥.҈.҈.♥. Zéphyrine
  11. Un peu plus d\’humour dans son récit, bien plaisant ma foi ! Au moins, c\’est du vrai ! Je passe au suivant, j\’ai un peu de retard dans ma lecture Bises, Josy.

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  12. Je rentre du boulot et …chic…il y a un nouvel "épisode" …que je viens de lire avec autant de plaisir que les prédédents !!!vivement demain !

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  13. Aujourd\’huit je serais un peu critique.Les siécles passent est il y a toujours , du favoritisme pour les personnes qui ont un certain standing .merci josy et bisous

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  14. Surprise de déjà découvrir ton 6e épisode – mais je profite de mon temps libre pour le lire….(les choses risquant de changer après les élections).Ouf dis! cela me rappelle lorsque j\’étais petite, les bateaux d\’époque en Algérie, étaient aussi loin d\’être aussi confortables que ceux de maintenant….Et j\’avoue que je n\’ai pas du tout le pied marin \’\’en haute mer\’\’ surtout si les vagues grossissent…J\’imagine bien que découvrir et visiter la ville, avoir les pieds sur terre, a du vous rendre plus sereins….Tu nous plonge maintenant dans l\’ambiance persane de la ville de Bakou, aux nombreuses femmes voilées….A la prochaine….

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  15. oui le mal de mer est traitre!! gloups je l\’ai eu une fois!! !n\’en parlons plus!! bisous josy!

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  16. Oh ! oui, le mal de mer peut vous gâcher une traversée même la plus courte…J\’ai des souvenirs horribles de traversée entre le Danemark et la Norvège où tout le bateau a nourri les poissons baltes !!! Les troisièmes classes devaient être quelque chose et cela était à peu prés similaires, en 1996, sur le Yangzi (\’fleuve bleu ) en Chine quand nous avons fait les 3 Gorges, jusqu\’au fameux barage, sur un bateau chinois, un pour la population chinoise , pas ceux pour touristes, que l\’on voyait nous doubler. Mon beau -pére a été à Bakou, à un congrés de pétroliers, en 1964 et cela n\’avait sans doute rien plus rien à voir à ce que tes oncle et tante ont pu voir. J\’attends la suite avec impatience, je me régale.

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