FEMMES ARTISTES. LES PEINTRESSES EN BELGIQUE (1880-1914)   15 comments


Ma participation à Imagecitation 25 chez Gisèle

« En art, point de frontière »  Victor Hugo

Et  pourtant  …

(extraits de textes exposés au musée ainsi qu’un extrait  « Au cœur de votre culture – Province de Namur -)

Une série de photos faites lors de ma visite au musée est à découvrir en cliquant sur ce lien : FEMMES ARTISTES EN BELGIQUE (1880-1914)

FEMMES ET/OU ARTISTE ?

Au XIXe siècle, le principe de la création est considéré comme d’essence masculine.  C’est ainsi que le rôle de la femme est limité à celui de muse ou de modèle.  De plus,  il est impensable qu’une femme se détourne de sa mission naturelle : être mère.  La femme contournant la règle voit dès lors bien souvent sa réputation malmenée.

En 1884, dans la revue L’art Moderne, on peut lire que les femmes se consacrant à l’art ont «  des signes caractéristiques : la lèvre supérieure légèrement ombrée et la manie de s’habiller en homme.  En outre, une propension au juron, etc,  parfois, souvent même, une tendresse mal définie pour les sujets de leur sexe, dégénérant, l’occasion aidant, en … irrégularités graves ».

« Les femmes ne peuvent peindre que des choses qui  n’exigent ni pensée profonde, ni grand sentiment, ni large virtuosité.  Des fleurs, des natures mortes, des objets élégants, des scènes de genre paisibles, des paysages doux, des portraits d’enfants, des animaux gentils » peut-on lire en 1884 dans un article consacré aux « Peintresses  belges » de la revue d’avant-garde, l’Art moderne.

Les femmes se consacrant à l’art sont appelées « peintresses » « dames artistes » ou encore « hommasses ».

Malgré ces préjugés largement sexistes, les femmes artistes en Belgique au 19e siècle sont pourtant nombreuses et audacieuses.  Certaines bénéficient d’une réelle reconnaissance via des expositions et des commandes, mais très peu sont passées à la postérité.

 

UN ENSEIGNEMENT EN MARGE

Jusqu’en 1889, les femmes sont exclues des académies des Beaux-Arts, une étape pourtant indispensable à la consécration de tout artiste.  Elles doivent donc acquérir leur connaissance technique en marge du système d’enseignement traditionnel.

A partir de 1883, l’académie privée d’Ernest-Stanislas Blanc-Garin propose, à Bruxelles,  une formation comparable à l’enseignement académique puisque les femmes artistes accèdent à l’étude de l’anatomie non pas uniquement d’après des bustes en plâtres, mais aussi d’après le modèle vivant féminin, légèrement drapé ou nu.

Etre « fille de … » ou « femme de … » permet à certaines de sortir de l’ombre.  C’est le cas de la fille de F.Rops, Claire Duluc (épouse E. Demolder) qui illustre les ouvrages de son mari sous un pseudonyme masculin ;  sans oublier Georgette Meunier, Louise Lemonnier et Anna Boch (cousine  d’O.Maus), seule membre féminine du cercle des XX dont E. Verhaeren écrira qu’à « côté de sérieuses qualités, il manque à l’artiste … de n’être pas homme » (1884).

« Pour moi, qui n’ai ni frère, ni cousin, ni oncle, ni père qui soit peintre, il faut bien que je m’arme de courage » écrira Louise Héger depuis Paris où, en 1884, elle suit une formation de peintre.  Les femmes privées de ces liens familiaux ou maritaux artistiques renoncent bien souvent à  se marier, déterminées à se consacrer à leur carrière.  C’est le cas de Marie Collart, Cécile Douard où Jenny Montigny qui sont actuellement considérées comme des « électrons libres ».

Les  artistes féminines du 19e siècle s’illustrent dans différentes disciplines (peinture, gravure, sculpture, arts décoratifs) mais aussi dans des styles aussi variés que le réalisme, l’impressionnisme ou l’art nouveau.

Si vous passez dans la jolie ville de Namur,  ne manquez surtout pas de rendre visite au Musée Félicien Rops  où a lieu, jusqu’au 8 janvier 2017, une exposition présentant les œuvres de plus de 40 femmes artistes belges issues de musées ou de collections privées.

Virginie Breton (mariée au peintre Adrien Demont) - Dans l'eau !

Virginie Breton (mariée au peintre Adrien Demont) – Dans l’eau !

Cécile Douard - Hiercheuse au repos (1896)

Cécile Douard – Hiercheuse au repos (1896)

Au XIXe, le réalisme influence nombre d’artistes.  De manière pittoresque, les femmes artistes représentent des scènes de genre montrant des métiers laborieux.  Cécile Douard, sensible à la condition des femmes ouvrières, côtoie la vie des minières dans le milieu charbonnier.  Elle en fait de grandes compositions aux tonalités souvent sombres.  Cependant, observer la réalité de terrain n’est pas toujours chose aisée pour les femmes qui ne peuvent sortir seules.  Leur liberté de mouvement est donc bien plus restreinte que celle de leurs confrères masculins.  C’est aussi le cas pour les voyages et les formations à l’étranger.  « Combien je me sentais indépendante et grande fille ce matin-là !», écrit Cécile Douard à sa mère, lorsqu’elle se retrouve sur le quai de la gare, en route vers une académie parisienne ouverte aux femmes.

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15 réponses à “FEMMES ARTISTES. LES PEINTRESSES EN BELGIQUE (1880-1914)

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  1. Pingback: UNE GRANDE DAME PEINTRE DU BAROQUE -1ère partie – | On ne voit bien qu'avec le cœur

  2. J’aime beaucoup les tableaux que tu nous présentes

    Aimé par 1 personne

  3. Belle idée de sujet et de sortie culturelle !

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  4. bonsoir Josy
    très intéressant comme sujet bravo, je suis rentré tard, j’ai vu pleins d’animaux surtout des cormorans c’est décourageant il a fait encore gris.
    Je te souhaite une bonne nuit et un bon dimanche à venir.
    Bisous
    Patrick.

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  5. à ta question sur FB…j’avais su répondre alors!!!! 😉 C’est vrai que les femmes artistes se comptaient sur les doigts d’une main! Aussi bien pour la peinture que…pour la musique
    Mais dis moi n’es tu jamais venue sur mon blog à zique???
    Bises

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    • Oui, j’y viens mais pas souvent assez ! Ou alors, je ne mets pas de commentaire … Mais je dois t’avouer que j’ai un dossier spécial que je garde pour tes musiques que j’aime et je les réécoute comme celle de Liliane 😉 Qu’elles me servent même parfois 😉 😉 😉

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  6. Elle était difficile l’émancipation des femmes dès qu’elles voulaient sortir du rôle qui leur était attribué, la maison et l’éducation des enfants.
    Il y a eu des résistantes mais elles étaient souvent en marge de la bonne société.
    Bon week-end.

    Aimé par 1 personne

  7. Un monde qui semble lointain mais un combat jamais fini.

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  8. Superbe participation Josy j’en connais un qui ne va pas tarder à lire ton billet . Ma moitié s’est en effet intéressé aux femmes de l’école de Metz . Si Babouche ne détruit pas complètement mon imprimante je t’enverrai un scan de son article paru dans une revue et consacrée à ces femmes du 19 ème siècle .
    Bon samedi
    Bisous

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    • Bachouche ! Reste éloignée de l’imprimante … Juste le temps que ta maîtresse scanne un article pour moi !!! Après, tu peux y aller 😀
      Je suis allée, il y a peu de temps, visiter le département « Fin de siècle » au B.A. de Bruxelles … Et là effectivement, je n’ai pas vu d’œuvres de femmes artistes belges ! Dans peu de temps, je mettrai un billet (ou +eurs car « gros chantier 🙂 ) s’y rapportant . Je pense également consacrer aussi une attention particulière sur le peintre belge F. Rops … Et d’autres plus connus … C’est mon « dada » du moment ! Bisous et bon weekend

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  9. Intéressante et excellente participation à ce défi, Josy !
    Mille et un bravos !
    Bon week-end !
    Bisous♥

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