Archives de la catégorie ‘Emotions

MAIS …QUE NOUS AVEZ-VOUS PRÉPARÉ… MA CHÈRE ?   15 comments


 

Mais d’où me vient  ce murmure ?  …

Non … ce n’est point celui du vent !

Ce n’est qu’une question venue   d’un autre âge …

Aussi, j’ose  lui répondre à ma façon ?

Chère voix questionneuse, voici ma réponse

Qui ne prête à aucune confusion !

Ce n’est qu’un souvenir … lointain  sans prose  …

Mais heureux  pour mille et une raisons !

Souvenir d’une table,  aux couverts simples,

Appréciée de toute la maisonnée !

Comme ils riaient et sentaient bon le printemps

Mes Vieux, mes Ancêtres  qui m’avaient fait naître …

famille-dhoest

C’est à eux que je pense en préparant ce bouquet simple

Riche  de saveur  que mes grands-mères et mère

M’ont offert en cadeau … de Noël ou autres fêtes

Mais qu’avez-vous préparé ma Chère !

Ce jour est si particulier !

Pour qui ?   Pour ceux dont on refuse de donner la main ?

Pour qui ?  Pour ces enfants dont les yeux brillent de faim ?

Allez,  je ne veux point ajouter  une couche sur ce que

Vous connaissez si bien !

Et j’en reviens à mes anciens …

Si  fiers  du bon pain qu’ils avaient pétri !

Si heureux de le partager avec ceux qui avaient faim !

C’est bien peu diront les sceptiques …

Ils auront raison dans leur réplique …

C’est pourquoi, ce jour,  nous le mangerons

 Agrémenté de boudins noirs et blancs

Choux-rouge et compote de pommes d’antan  …

Sans oublier, le plaisir du regard de l’être aimé

Et son nez dans l’assiette  … heureux et content

De retrouver toute la saveur d’antan !

En savourant, en silence , le Dominus d’Haendel

Et heureuse de cet instant, je l’offre  à ceux et celles

Qui ont prit place dans ma vie non éternelle .

A vous cette bafouille d’un jour reprenant sa course vers la plein soleil

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Publié 25 décembre 2016 par josydhoest dans Emotions, REGARDS

MERCI !de m’avoir permis   11 comments


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CONTINUER – billet paru chez Mamie Lily

Publié 19 décembre 2016 par josydhoest dans aux amis du net !, Emotions

BELGIQUE-ITALIE ….   15 comments


Nous commémorons le   marchandage, voici 70 ans d’un  échange :   charbon contre des hommes.

Le sort de dizaines de milliers d’Italiens était scellé ; comme disent couramment les vieux mineurs italiens en Belgique : « l’Italie les avait vendus à la Belgique pour quelques sacs de charbon ».  Voici un recueil d’Anne Morelli sur le sujet  : A lire

http://www.journalbelgianhistory.be/fr/system/files/article_pdf/BTNG-RBHC,%2019,%201988,%201-2,%20pp%20083-130.pdf

*     *     *     *     *

A GARDER BIS2

1946

Voici mes premiers contacts avec ces hommes(extraits de « Flash sur photos jaunies)

« Souvent, dans les promenades avec mes parents, juste après la guerre, nous passions en face de baraquements en bois ou en tôle qui se situaient près des charbonnages à la limite de Piéton et de Trazegnies.

  Un sentiment de vague insécurité, d’inconnu  me faisait presser les pas encore petits et, furtivement, je mettais la main dans la poche de mon père.  Il ne disait  rien, me regardait, souriait et pressait mes petits doigts.

Un jour pourtant, un homme puis deux ou plus, je ne m’en souviens plus, sortirent de ces sortes de hangars et invitèrent père à y entrer.

  Je constatai, avec étonnement, qu’il paraissait très bien les connaître ; ils l’avaient  appelé Emilio, mais pourquoi ?  Puisqu!il  se nommait Emile.  Je ne comprenais point cette langue dont ils usaient, elle me paraissait cependant belle et chantante à l’oreille.

Dès notre entrée, une odeur suffocante de poussière mêlée d’humidité, de sueur et chaleur fétide agressa mes narines.  Je n’osais respirer tant cela me répugnait.  Et pourtant, ils vivaient là dans une pièce mi-éclairée par un faible trait de lumière qui avec grand peine se frayait un chemin au travers d’une lucarne au manteau de suie et de saleté.

Sur une planche, servant de table, se trouvaient pèle mêle tasses en fer, bidons  et  petites cafetières d’eau  et, relégués dans un coin, des lits de camp recouverts de couvertures militaires  à la couleur vieillie.  Pour terminer l’inventaire, un feu à charbon entiché d’un long tuyau branlant  refoulait une fumée qui me raclait la gorge.

Je cherchais un enfant  avec qui jouer … une femme qui, peut-être, me prendrait dans les bras …  Mais non, rien que des visages d’hommes fatigués, aux yeux cerclés de noir, mal démaquillés.   Quelques paroles, beaucoup de gestes et surtout des lettres avec de gros cachets furent présentées ; mon père les plia et soigneusement les mit en poche.

J’avais hâte d’être au grand air  des champs.  Mille questions se bousculaient dans ma tête ; mon regard interrogateur fit sourire père et je n’allais plus tarder à connaître le  motif de cette visite.  Le tic familier de son nez faisait cligner les yeux et remonter la lèvre supérieure c’était le signe précurseur de paroles sérieuses :

  • Ce sont mes compagnons de travail, ils sont mineurs de  fond .  Ils viennent d’Italie.  Ils ont quitté leur terre, leur famille pour travailler ici et …

Mais un papillon passant, me fit lâcher la main de père. Je m’élançai vers lui, il se posa sur un coquelicot juste un instant, j’oubliais le moment passé  pour être toute à la joie de ce spectacle : la fleur, le vent léger et le papillon aux  ailes chatoyantes au soleil.

Seules les lettres me rappelèrent les hommes de l’autre pays et pour eux, je vis père écrire … écrire … et encore écrire.

De longs temps passèrent, parfois sur la pointe des pieds, ils venaient demander des nouvelles, leurs visages étaient toujours aussi mal lavés mais à présent  je pouvais les appeler par leurs prénoms.

Sans trop comprendre, j’écoutais leurs inquiétudes, leurs souffrances d’être loin des leurs ; et mère leur présentait un morceau de tarte au sucre ou au riz qu’elle venait de préparer et dont elle seule  avait le secret. Père les réconfortait.. Oui, elle viendrait bientôt cette autorisation.  Ce n’était plus qu’une question de jours et les familles seraient enfin réunies.  Ils pourraient même habiter dans notre village…  Et si c’était à côté de chez nous …  j’aurais de nouveaux amis … J’étais impatiente de fêter cet événement.

Puis ce fut comme une révolution, tout alla très vite (du moins dans ma tête), il y avait de l’électricité dans l’air,    on parlait fort, ces visages burinés s’étaient habillés de rire, de larmes, une bouteille d’eau de vie « chassart » était ouverte … Bref, on fêtait avec ces nouveaux amis leurs futures retrouvailles familiales.  La famille Léonardi était composée de sa femme et de trois garçons, elle habiterait la maison mitoyenne à la nôtre dont la sœur de ma mère était propriétaire (de la nôtre aussi d’ailleurs).  Je me mêlais, très excitée, à ces réunions de joie ; j’allais avoir de nouveaux copains !  Déjà, je connaissais leurs prénoms, le plus petit s’appelait Nino, il avait 3 ans,  il y avait Danillo âgé de 10 ou 11 ans et le grand frère Lino.

Comment décrire le jour mémorable de leur arrivée ?  Maman avait fait un simple repas  arrosé comme il se doit.  L’argent était rare chez nous mais pour cet événement au diable les économies.

Ils étaient là, fatigués, Nino pleurant sur les genoux de son père, Danillo, timide, ne voulant pas dormir ; Lino, à côté de sa mère,  allait enfin  retransmettre cette mission de responsabilité  qu’il avait accomplie lors de l’absence de son père.

Le gros dictionnaire, celui  que je portais à grand peine, avec ses pages roses  réservées aux mots latins nous fut, bien sûr, tout à fait inutile.  Mais les regards, les gestes du cœur oh ! Combien nous en saisissions  le sens !  Et ce moment devint, pour nous tous, privilégié et inoubliable.

Danillo, par ce beau jour, était entré dans ma vie.  Il m’appela bien vite ‘Rosetta’ sans doute la traduction de Josette ?  J’appris rapidement quelques mots d’italien et nous fîmes un doux mélange de nos langues latines. …Sans doute, un jour, je partagerai avec vous, dans son intégralité:  Flash sur photos jaunies

RÉFLÉCHIR …   4 comments


Blokhaus 1_-2

   Ces empreintes qu’on laisse …lorsque la mer se retire … 

 et que vient effacer, sans excuse, l’écume qui se meurt …

 

 Blokhaus 1_ (2)

Ces empreintes laissées, rougies, de milliers d’anonymes …

 qui sont là …  et …resteront à jamais …

dans ce sable meurtri … gravées dans l’histoire  du passé …

 

Voici quelques photos(cliquer sur le lien « réfléchir » pour accéder à l’album) d’un  lieu parmi tant d’autres … De ce temps que l’on ne peut oublier … et qui fait …

RÉFLÉCHIR …

Blockhaus_-3

Anonyme 1

Extraits de Nord Pas-de-Calais.(France 3)

La vie …   19 comments


C’est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit

Ces moments de bonheur ces midis d’incendie

La nuit immense et noire aux déchirures blondes.

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit

D’autres viennent. Ils ont le cœur que j’ai moi-même

Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime

Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix.

D’autres qui referont comme moi le voyage

D’autres qui souriront d’un enfant rencontré

Qui se retourneront pour leur nom murmuré

D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages.

II y aura toujours un couple frémissant

Pour qui ce matin-là sera l’aube première

II y aura toujours l’eau le vent la lumière

Rien ne passe après tout si ce n’est le passant.

C’est une chose au fond, que je ne puis comprendre

Cette peur de mourir que les gens ont en eux

Comme si ce n’était pas assez merveilleux

Que le ciel un moment nous ait paru si tendre.

Oui je sais cela peut sembler court un moment

Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine

Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine

Et la mer à nos soifs n’est qu’un commencement.

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches

Le sac lourd à l’échine et le cœur dévasté

Cet impossible choix d’être et d’avoir été

Et la douleur qui laisse une ride à la bouche.

Malgré la guerre et l’injustice et l’insomnie

Où l’on porte rongeant votre cœur ce renard

L’amertume et Dieu sait si je l’ai pour ma part

Porté comme un enfant volé toute ma vie.

Malgré la méchanceté des gens et les rires

Quand on trébuche et les monstrueuses raisons

Qu’on vous oppose pour vous faire une prison

De ce qu’on aime et de ce qu’on croit un martyre.

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond

Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine

Malgré les ennemis les compagnons de chaînes

Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu’ils font.

Malgré l’âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche

L’entourage prêt à tout croire à donner tort

Indifférent à cette chose qui vous mord

Simple histoire de prendre sur vous sa revanche.

La cruauté générale et les saloperies

Qu’on vous jette on ne sait trop qui faisant école

Malgré ce qu’on a pensé souffert les idées folles

Sans pouvoir soulager d’une injure ou d’un cri.

Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures

Les séparations les deuils les camouflets

Et tout ce qu’on voulait pourtant ce qu’on voulait

De toute sa croyance imbécile à l’azur.

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle

Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici

N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

Louis ARAGON
Les yeux et la mémoire – Chant II – 1954 –

Publié 3 mai 2016 par josydhoest dans aux amis du net !, Emotions, Etats d'âme !

A VOUS QUE J’AIME   1 comment


Pour  le défi « Croqueurs de mots » :

http://petitesgraines.eklablog.com/defi-165-mene-par-durgalola-a125733966

Pour illustrer cette  phrase de Christian Bobin : « Quand on aime quelqu’un on trouve toujours quelque chose à lui dire ou à lui écrire jusqu’à la fin des temps. »

Voici le lien d’ un billet que j’ai mis sur mon blog il y a quelques temps :  Mes amis de toujours !

Amis Bert et Jeanine_-2 (2)

 

 

Publié 2 mai 2016 par josydhoest dans Emotions, histoire d'une vie, je vous invite

IMAGE-CITATION 16 – CHEZ GISELE   21 comments


 

(Je sais j’y ai déjà participé … MAIS,

 en lisant ce très beau texte de Jean-Michel Maulpoix  dans le livre : Histoire de bleu 

 

« …Souvent les hommes restent debout près de la mer : ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large, et pourtant demeurent immobiles à le fouiller des yeux, ne sachant guère ce qui les retient là. Peut-être considèrent-ils à ce moment l’énigme de leur propre vie. »

 

Il m’est revenu cet instant d’osmose avec la finitude et l’infini … Cet instant où je n’étais plus … et pourtant tout à la fois …

Je vous confie donc cet espace où, debout, je suis restée immobile  à jouir de cette alchimie dans l’athanor de mon être .. à devenir ce bleu et ces bulles blanches …

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